« Il faut une âme à l’Europe »
(Robert Schuman - 1963)

Version Russe

Ce que nous voulons :


Une relance économique différente

L’Europe vit depuis trente ans une période de relative stagnation économique pénalisant l’emploi et fragilisant tout le tissu social.
Or, une véritable relance économique est possible sans mettre en péril les grands équilibres monétaires mais à condition de sortir des schémas conventionnels : à titre d’exemple, l’Académie européenne préconise la mobilisation de moyens financiers par la création d’un Livret d’Epargne Européen.
Il ferait appel à l’épargne privée à grande échelle et permettrait ainsi de mener une politique structurante de grands travaux européens, de développer la recherche, de mettre en œuvre des technologies de souveraineté et d’aider au développement économique de l’hémisphère sud.

Une politique démographique comme outil de croissance
La démographie est la grande absente des débats d’une Europe vide. La mort démographique de l’Europe est inscrite dans ses taux de natalité. Depuis 1989, aucun pays d’Europe n’atteint plus le taux de natalité qui permettait le remplacement des générations. Il faut donc mettre en place une politique familiale forte, capable de modifier à long terme les tendances démographiques actuelles. En réussissant la relance économique évoquée au paragraphe précédent, qui entrainerait croissance et création d’emplois, il deviendra possible de mener une véritable politique démographique, notamment en mettant fin à la diminution continue des allocations familiales depuis 1946. L’Europe pourrait créer des observatoires de ce qu’on appelle « les bonnes pratiques », tels qu’ils existent pour favoriser la vie des handicapés par exemple. La publication et l’analyse des réalisations concrètes et des résultats obtenus laisserait aux gouvernements la liberté de mener leur propre politique mais dégagerait de modèles à suivre ayant fait leurs preuves.


Repenser la coopération régionale

Les actions de coopération décentralisée bilatérales seront remplacées, pour leur donner plus efficacité, par des programmes de coopération de plusieurs pays européens vers un pays tiers. Par exemple, des coopérations franco-allemandes vers la Russie ou franco-germano-russe vers des pays tiers peuvent être mises en place. La Pologne qui n’utilise que 5% des fonds structurels disponibles pourrait être aidée par une initiative conjointe entre la Caisse des Dépôts et Consignations et la KfW (Kreditanstalt für Wiederaufbau) allemande dans le cadre d’une banque qui serait fondée sur la base d’un partenariat public-privé et dont les objectifs seraient le financement des infrastructures de développement, améliorant ainsi l’utilisation des fonds structurels. Varsovie pourrait aussi être associée à la mise en place d’une DARPA européenne et au Livret d’épargne européen, lequel pourrait participer au financement de grands travaux (TGV transeuropéen, ferroutage…).

Assurer la souveraineté technologique de l’Europe
Le recherche et la maîtrise de nouvelles technologies contribuent à l’indépendance, comme le prouve par exemple la réussite du projet Galileo ou du Cern. Cependant, ces exemples sont encore trop peu nombreux. A l’image de ce qui existe aux Etats-Unis, une agence européenne de l’innovation doit être créée. Elle permettrait de trouver une dynamique de déploiement sur le marché intérieur européen à partir de projets industriels pilotés par les entreprises et partagés entre des acteurs de secteurs d’activités complémentaires. Ce dispositif pourrait trouver sa source dans l’Institut franco-allemand de Saint-Louis en Alsace (ISL), chargé depuis 196X de recherches de haute technologie en matière spatiale et militaire notamment.
A l’image des Etats-Unis où la DARPA (Defence Advanced Research Project Agency), département militaire de la NSF (National Science Fondation) « invente » le net dans les années 80, l’ISL doté de compétences élargies pourrait s’adapter aux nouveaux enjeux stratégiques, civils et militaires sans qu’il soit besoin de créer une nouvelle structure.


Une défense européenne indépendante

Le projet de Traité constitutionnel rejeté par referendum stipulait que l’OTAN constituait le fondement de la défense européenne (Article I-41, § 2 et § 7) et présentait ainsi un certain recul par rapport aux Traités de Maastricht et Nice. Sur le plan de l’équipement des forces, le Conseil Européen, en 2003, favorisait l’exonération des droits de douane sur les importations de matériels d’armement, pour l’essentiel des matériels d’origine américaine, alors que les Etats-Unis plaçaient leur budget militaire 2004 sous l’égide du Buy American Act, un dispositif législatif instaurant un protectionnisme commercial. Sortir de cette dépendance passe par le vote d’une résolution pour l’institution d’un Acte Européen de Défense, comme base de négociation pour un partenariat euro-atlantique équilibré et par une ouverture réciproque des marchés. Au sein du Parlement Européen (M. Rocard, F. Wurtz, des responsables du PPE, les membres de la sous-commission Sécurité et Défense tels que son président Karl von Wogau et sa vice-présidente Ana Gomes…) ont validé cette l’hypothèse.
A défaut d’une redéfinition de la politique européenne sur ces questions, l’Union Européenne risque de devenir un réservoir de sous-traitance des Etats-Unis et une vassale de sa politique étrangère.

Une Europe au service de la paix
Disposant des éléments constitutifs de sa souveraineté - un espace, une monnaie, une défense - ainsi que d’une vitalité démographique retrouvée, l’Europe constituerait alors l’un des pôles majeurs de la scène internationale, au coté des Etats-Unis aujourd’hui et de la Chine et l’Inde demain.